On imagine souvent que l’amour est une rencontre entre deux personnes. Mais la réalité est plus peuplée : dans l’intimité d’une chambre à coucher, nous arrivons avec nos valises, nos parents, nos ex et toutes les projections de notre enfance. Sans le savoir, nous ne sommes pas deux, mais toute une lignée à chercher sa place.
Au début, on croit avoir trouvé celui ou celle qui va enfin nous comprendre, nous réparer. Mais très vite, l’autre devient le miroir de nos manques. Si j’ai manqué de reconnaissance étant enfant, je vais l’exiger de mon partenaire. S’il ne me regarde pas comme je le souhaite, c’est toute la douleur de mon passé qui remonte.
Nous rejouons sans cesse les scénarios de notre enfance, espérant cette fois une fin différente. C’est ce qu’on appelle le passage du développement personnel (comment je vais bien ?) au développement relationnel (comment nous grandissons ensemble ?).
On ne guérit pas seulement seul, mais aussi dans le lien.
Pour laisser la place à l’Autre, au partenaire réel et non au fantasme, il y a un passage nécessaire, parfois douloureux : celui de « tuer » psychologiquement ses parents. Cela ne signifie pas cesser de les aimer, mais cesser d’attendre d’eux, ou de notre partenaire, la validation qu’ils n’ont pas su donner.
C’est en déposant ces valises que l’on peut enfin voir la personne qui nous accompagne pour qui il/elle est vraiment, et non pour le rôle qu’on lui a assigné.
Il faut arrêter de regarder nos parents comme des rôles figés (le Bon Père, la Mauvaise Mère), et commencer à les voir comme des êtres humains avec leurs propres blessures, leurs limites et leur histoire.
Ma mère n’est pas « La Mère » : C’est avant tout une femme, avec son propre parcours. En comprenant que sa difficulté à m’aimer venait peut-être de la petite fille blessée qu’elle a été, je cesse de prendre ses manques pour une preuve de mon indignité.
Mon père n’est pas « Le Père » : Il est un homme. En le voyant dans sa vulnérabilité d’homme, je cesse d’attendre un héros ou un juge. Je redeviens un adulte face à un autre adulte.
Se rencontrer vraiment, au-delà des projections du passé.
Parfois ce ne sont pas les situations qui posent problème, ce sont les histoires qu’elles réveillent.
Scénario 1 : Le fantôme du « Père Juge »
La scène : Le conjoint laisse traîner ses chaussures. La réaction : « Tu ne me respectes jamais ! ».
Ce qui se joue vraiment : C’est une vieille peur qui se réactive, celle d’être jugée. Ce n’est pas son compagnon qu’elle affronte, c’est une ancienne autorité intérieure.
Scénario 2 : Le fantôme de la « Mère Envahissante »
La scène : « Tu veux que je t’aide ? ». La réaction : « Laisse-moi tranquille ! ».
Ce qui se joue vraiment : C’est une réaction à une intrusion passée. Ce n’est pas sa partenaire qu’il repousse, c’est une ancienne sensation d’étouffement.
Tout commence par un décalage. Pourquoi une réaction aussi forte pour quelque chose d’aussi simple ? Est-ce que j’en veux vraiment à la personne en face de moi… ou est-ce que je suis en train de revivre une vieille scène ?
« Ce que je ressens est réel, mais la source n’est pas forcément actuelle. »
Peu à peu, un autre dialogue devient possible : “Ce que tu fais me touche… mais ça vient aussi de mon histoire.” C’est ce dialogue courageux qui permet de construire une relation adulte et apaisée.
C’est là que le travail en cabinet prend tout son sens :
Avant de retrouver votre partenaire, prenez un instant pour respirer et demandez-vous : « Est-ce à l’homme/la femme devant moi que je m’adresse, ou à une image du passé ? »
Miriam Sabato – Amthéra
Thérapies brèves et intégratives
TCC, hypnose, sophrologie
Amthéra
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