On parle beaucoup de résilience, mais on oublie souvent sa réalité profonde.
Dans le langage courant, on l’a transformée en une injonction à la performance : il faudrait tomber, rebondir, et surtout, pardonner et sourire.
Cette « soupe aux mots » crée une confusion toxique. Elle laisse entendre que si l’on ne va pas mieux vite, c’est que l’on manque de volonté.
Mais la résilience n’est pas un muscle que l’on contracte par simple décision. C’est un processus de transformation qui touche tout notre système.
L’image classique de la résilience est celle d’un élastique qui reprend sa forme après avoir été étiré.
Dans la vie humaine, c’est faux. On ne reprend jamais sa forme initiale après une épreuve.
Quelque chose change dans la manière dont le corps réagit, dans la façon dont les émotions circulent, dans la manière de percevoir le monde.
Le système nerveux s’adapte, il enregistre, il protège, il anticipe, et parfois, il reste bloqué dans ce mode de protection.
Alors on devient plus vigilant, plus tendu, ou au contraire coupé de ses ressentis. Certaines situations déclenchent des réactions disproportionnées, sans que l’on comprenne pourquoi.
Être résilient, ce n’est pas effacer ces réactions. C’est comprendre ce qui s’est mis en place et redonner au système la possibilité de fonctionner autrement.
La résilience, c’est accepter que l’événement nous a transformés.
Imaginez que votre système nerveux possède une sentinelle intérieure. Son unique mission est votre protection.
Face aux tempêtes de la vie, cette sentinelle active des modes de survie.
Être résilient, ce n’est pas la faire disparaître, mais apprendre à vivre avec elle, en lui redonnant peu à peu un sentiment de sécurité.
Il y a un point crucial qui différencie la vraie résilience de la psychologie de comptoir : le diktat du pardon.
On entend partout qu’il faudrait « accepter » ou « pardonner » pour être libre.
Dans la réalité, on peut être résilient sans jamais avoir pardonné.
La résilience ne demande pas de valider ce qui s’est passé, ni de faire la paix avec l’offense.
Elle demande d’être loyal envers soi-même :
C’est ici que l’on reprend le pouvoir : on ne pardonne pas forcément, mais on se choisit.
La résilience n’est pas réservée aux grands drames. C’est une compétence émotionnelle pour tous les événements de la vie.
Elle se mesure à la récupération de notre marge de manœuvre.
C’est ce moment où :
La résilience commence là où vous récupérez du choix.
Ma pratique thérapeutique est là pour accompagner ce mouvement.
Le but n’est pas de vous « réparer » pour vous rendre identique à votre version passée.
Le but est de vous aider à vous transformer sans vous perdre.
La résilience est un tricotage patient : on prend le fil de son histoire, même s’il est déchiré, et on apprend à tisser autrement.
La résilience n’est pas un retour en arrière.
C’est une manière de continuer, autrement.
Avec ce qui a changé.
Avec ce qui ne reviendra pas.
Et avec une capacité retrouvée à vivre, à choisir, à se positionner, sans en être prisonnier.
On finit par vivre vraiment, de manière plus juste et libre.
Miriam Sabato – Amthéra
Thérapies brèves et intégratives
TCC, hypnose, sophrologie
Amthéra
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